17.02.2008

La maison et le monde

 

J’ai acheté ce livre il y a quelques mois de cela avec un enthousiasme sans précédent car rien que le nom cultissime de Rabindranath Tagore évoque pour nombreux la sagesse et l'érudition indienne et d’ailleurs, l’auteur a été le premier asiatique à avoir reçu le prix Nobel de Littérature, soit en 1913. Autant de raisons pour succomber à la curiosité.

 

La maison et le monde est un beau récit tout en images et métaphores et ayant pour toile de fond les troubles au Bengale au début du dix-neuvième siècle.  Son originalité  réside essentiellement dans sa structure car elle est construite autour d’une alternance de trois voix sur le mode du flux de conscience: récit de Bimala, de Sandip et de Nikhil, de sorte que nous demeurons largement dans de longs monologues intérieurs au détriment de l’action. Sur le plan énonciatif, le point de vue est limité à ces trois personnages principaux et nous n'avons pas la focalisation des actants secondaires sans que cela ne nuise à l’intrigue.

 

L’intrigue, justement venons-en. Il s'agit tout simplement de l'histoire de Bimala qui se retrouve constamment déchirée par un choix existentiel: Faut-il s'impliquer dans la Politique (le monde) ou obéir à ses devoirs familiaux (la maison)? A côté de ce récit fictionnel, l’auteur aligne avec emphase un long discours philosophique qui peut rendre la lecture fastidieuse, hélas. Mais les thèmes abordés par le roman sauvent le récit : Le rôle de la femme en Inde et surtout au sein de sa famille, le topos de l’amour et du mariage, la Politique, la société, les moeurs entre autres. Bref, il n'empêche que je ne recommanderai pas ce livre à ceux qui sont réfractaires  aux discours logorrhéiques dans la fiction. Quant à moi, je ne l'ai lu que pour connaître cet auteur et je cherche à présent l'adaptation cinématographique de S.Ray (Ghare Bare), car une question se pose: Comment a-t-il réussi à faire un film à partir d'un roman dans lequel l'action est si absente?