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<title>Littérature, émotions et sociétés</title>
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<subtitle>Lectures et critiques</subtitle>
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<title>Portrait d'une &quot;sous-vie&quot;</title>
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<updated>2009-03-25T09:57:56+01:00</updated>
<published>2009-03-24T19:29:00+01:00</published>
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<summary>        &amp;nbsp;    Rares sont les auteurs qui osent pénétrer dans les...</summary>
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&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-align: center;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://shalinee.hautetfort.com/media/02/00/2112026802.jpg&quot; id=&quot;media-1656836&quot; alt=&quot;legarcon.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt;&quot; name=&quot;media-1656836&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Rares sont les auteurs qui osent pénétrer dans les bas-fonds du langage pour explorer et restituer la réalité dans ce qu’elle a de plus scabreux. Avec&lt;/b&gt; &lt;i&gt;&lt;b&gt;Legarçon&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; &lt;b&gt;(Ed. Calmann-Lévy, 1997), Richard Morgiève prend le risque de choquer éditeurs, critiques et lecteurs en démontrant sans détours la réalité violente, et profondément obscène de la prostitution infantile.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Legarçon, c’est un enfant sans nom, qui n’a ni visage, ni passé. Qui n’existe presque pas. Vendu par une femme, il passe des mains d’un bourreau qui l’oblige à mendier, pour tomber entre celles de deux tortionnaires, qui le forcent à se prostituer. D’abord «&amp;nbsp;chien des rues&amp;nbsp;», puis «&amp;nbsp;chien de chambre&amp;nbsp;», Legarçon est le symbole d’une «&amp;nbsp;sous-vie&amp;nbsp;» faite de marginaux et de tous ces esclaves modernes que sont les enfants abusés, violés, maltraités peuplant les grandes villes du monde.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Dans ce livre, Richard Morgiève fait voler en éclats tous les tabous de la prostitution infantile. Il dépouille la langue de tous ses artifices esthétiques et nous la restitue dans sa forme la plus basique et authentique, capable d’aller droit à l’essentiel. Ajoutons à cela un vocabulaire débridé, qui fouille sans retenue l’univers scatologique, pornographique auquel aucun enfant ne devrait être confronté. L'écriture de Morgiève, c’est aussi une écriture sans empathie, dénuée de tout jugement et qui nous oblige à nous confronter à l’indicible, à la violence et l’horreur créées par nos sociétés modernes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Vivant et évoluant dans un monde fait de pervers sexuels et de tortionnaires, ramené au point le plus bas de l’existence, encore plus bas que celle des bêtes, l’espoir de Legarçon ne faiblit jamais. Il reste un formidable cri d’espoir pour tous ceux qui luttent contre l’esclavage, la perversité et qui rêvent de devenir des êtres humains.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Extrait:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;legarçon sait qu'il ne peut pas entrer dans un magasin. il est trop chien. trop laid. ce marché sur cette place c'est pour lui. ici on prendra son argent. il est plus misérable que. tous. mais le marchand est lui-même misérable. ça ira. c'est la première fois que legarçon achète. c'est un acte. énorme. presque inimaginable.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>l'immeuble Yacoubian</title>
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<updated>2009-03-20T15:30:43+01:00</updated>
<published>2009-03-20T15:17:00+01:00</published>
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<summary>        &amp;nbsp;    Né en 1947, Alaa El Aswany a d’abord exercé le métier de...</summary>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://shalinee.hautetfort.com/media/00/02/575792575.jpeg&quot; id=&quot;media-1648342&quot; alt=&quot;yacoubian.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Né en 1947, Alaa El Aswany a d’abord exercé le métier de dentiste, avant de s’imposer comme l’une des voix les plus importantes de la littérature égyptienne contemporaine. Véritable phénomène éditorial, son premier roman &lt;i&gt;L’immeuble Yacoubian&lt;/i&gt;, écrit en 2002 est une fresque très riche sur l’Égypte des années 90, aux prises entre son passé européen et son avenir arabe.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L’immeuble Yacoubian est un immeuble bien réel, situé en plein cœur du Caire, dans lequel Alaa El Aswany tenait autrefois un cabinet de dentiste. Dans son livre, cet immeuble constitue le décor géographique et fictif du récit, et agit comme un personnage, vibrant de vie et de réalisme. Abritant des personnages venant de milieux très différents, mais ayant tous des rêves, des vices et des obsessions, l’immeuble Yacoubian est un microcosme socioculturel symbolique de l’Égypte des années 90.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dans une période où les pays arabes sont largement stigmatisés pour leur radicalisme, ce livre est apparu comme une mine d’or pour tous ceux qui sont avides comme moi de découvrir l’Orient et le mode de vie de ses habitants. Après &lt;i&gt;Les Cerfs-volants de Kaboul&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Mille Soleils Splendides&lt;/i&gt; de Khaled Hosseini, qui s’est penché sur la condition humaine en Afghanistan, nous ouvrons les portes de &lt;i&gt;L’immeuble Yacoubian&lt;/i&gt; pour découvrir le même contexte de corruption, d’islamisme radical et d’injustice sociale qui gangrènent le Moyen-Orient.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Toutefois, même si l’écriture d’Alaa El Aswany s’enracine dans la terre égyptienne et sa culture, elle a une très grande ouverture universelle, car elle explore les grands thèmes romanesques de l’amour, la haine, et la souffrance que nous pouvons chacun nous approprier. Comme Hatem, dans le monde entier les homosexuels luttent pour avoir une vie décente et légitime. Comme Taha, les pauvres aussi nourrissent de grandes aspirations et rêvent de gravir l’échelle sociale à travers l’éducation.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Avec une écriture réaliste, neutre et sans détours, ainsi qu’une grande liberté de ton, Alaa El Aswany s’érige en fin sociologue de l’Égypte, qu’il nous peint dans toute sa splendeur et sa déchéance.&amp;nbsp; C’est une Égypte où se côtoient les esprits conservateurs des Islamistes, et des forces libérées aussi bien moralement que sexuellement, témoins du passé européen de l’Égypte et de son avenir arabe.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Extrait :&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;i&gt;- J’ai envie de vivre tranquille, d’avoir une famille, un mari qui m’aime, des enfants à élever et une jolie petite maison confortable au lieu d’habiter sur la terrasse. Je veux aller dans un pays propre où il n’y ait ni saleté, ni misère, ni oppression.&amp;nbsp; (…à&amp;nbsp; l’étranger, il n’y a pas d’injustice et pas d’imposture comme chez nous. Les gens se respectent les uns les autres. Même celui qui balaie la rue, les gens le respectent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>L'Histoire vue par les enfants</title>
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<updated>2009-03-27T12:05:37+01:00</updated>
<published>2009-03-16T16:46:00+01:00</published>
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<summary>  &amp;nbsp;         &amp;nbsp;    Nancy Huston est née en 1953 à Calgary au Canada,...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://shalinee.hautetfort.com/media/02/01/544815181.jpg&quot; id=&quot;media-1640408&quot; alt=&quot;faille.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Nancy Huston est née en 1953 à Calgary au Canada, et elle vit à Paris depuis les années 1970. Dans &lt;i&gt;Lignes de faille&lt;/i&gt; (Actes Sud, 2006 – Prix Femina 2006), elle convoque à rebours l’imaginaire et le vécu de quatre personnages d’une famille juive, lorsqu’ils avaient six ans, et balaie plus d’un demi-siècle d’Histoire.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;i&gt;Lignes de faille&lt;/i&gt; nous propose un regard insolite sur les grands événements de la politique internationale : celui d’une lignée de quatre narrateurs, qui ont tous en commun d’avoir six ans au moment où ils nous livrent leur récit. Tout d'abord celui de Sol en 2004 ; puis son père Randall en 1982 ; Sadie sa grand-mère en 1962 ; et enfin Kristina son arrière-grand-mère en 1944. Cette progression à rebours permet à l’auteur de mettre en perspective les histoires intimes de ces personnages et les relations intergénérationnelles qui les unissent, sans oublier la grande Histoire dessinée en filigrane.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Chacun des personnages a en effet été marqué d’une façon ou d’une autre par un grand conflit international, de la Seconde Guerre mondiale à la guerre en Irak. Dans un style et un ton fidèles à ceux des enfants, l’auteur nous offre leur perception tantôt cruelle, tantôt bouleversante de la vie. Le premier récit nous plonge par exemple dans l’histoire de Sol, qui prend un plaisir sadique à regarder des vidéos macabres sur la guerre en Irak en ligne, alors que son père nourrit une haine latente envers les Arabes. Dans un tout autre genre, Sadie raconte avec beaucoup de sensibilité l’amour qu’elle ressent pour sa mère, et qui semble s’être effacé une fois qu’elle est devenue adulte.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout l’intérêt de cette construction chronologiquement inversée du livre est de mettre en relief l’évolution des personnages de l’enfance à l’âge adulte, et d’examiner les raisons des bouleversements qui ont eu lieu chez eux. C’est ainsi que se révèlent peu à peu des blessures intimes et des lourds secrets de la filiation, liés essentiellement aux guerres qu’ont vécues les personnages. Nous comprenons par exemple que l’origine de la haine de Randall envers les Arabes provient d’une histoire d’amour ratée avec une jeune Arabe en Israël, dans le contexte difficile du conflit israélo-palestinien.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Même si le point de vue des enfants sur les guerres n’a rien de nouveau dans la littérature, Nancy Huston a su réinventer la façon d’écrire l’Histoire, en décrivant comment elle façonne les caractères au fil du temps. À travers le regard et l’imaginaire de ces quatre enfants, à qui l’on a transmis de génération en génération le douloureux poids de l’Histoire, elle nous démontre que l’un des plus grands méfaits des guerres, c’est aussi la perversion de notre innocence à nous.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Extrait:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;Le lendemain matin, pendant que maman se sèche les cheveux dans la salle de bains ce qui veut dire que j’ai dix bonnes minutes devant moi, je vais sur le Net et absorbe les images d’Abou Ghraïb. Les mecs sont empilés les uns sur les autres, à genoux, (...), on voit beaucoup de chair arabe qui n’est ni noire ni blanche mais d’une couleur brun-or, et les soldats US hommes et femmes ont l’air de prendre leur pied à se faire photographier avec tous ces Arabes nus et à se moquer d’eux et à les tenir en laisse et à les accrocher à l’électricité et à les obliger à s’enculer ; mon pénis devient très dur mais je en me frotte pas parce que je n’ai pas le temps.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer?</title>
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<updated>2009-03-17T14:53:14+01:00</updated>
<published>2009-03-11T12:29:00+01:00</published>
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<summary>      &amp;nbsp;    Il n'y a rien de plus efficace qu'un titre bien provocateur...</summary>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://shalinee.hautetfort.com/media/02/01/680826372.jpg&quot; id=&quot;media-1628936&quot; alt=&quot;5130QKNQ7TL._SL500_AA240_.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Il n'y a rien de plus efficace qu'un titre bien provocateur et audacieux pour se faire entendre, et ce n'est certainement pas Dany Laferrière (un de mes auteurs préférés) qui dira le contraire. D'origine haïtienne, Dany a longtemps vécu au Canada et il partage de nos jours sa vie entre Miami et le Québec. Maître dans l'art de trouver des titres évocateurs pour ses romans, il explore de façon singulière les relations entre les Noirs et les Blancs dans &lt;i&gt;Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer?&lt;/i&gt; (1985)&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bouba et Vieux vivent dans un modeste appartement du Carré Saint-Louis à Montréal. Bouba (alias Roland Désir) passe son temps à philosopher et à lire le Coran quand il n’est pas en train de dormir. Vieux (alias Dany Laferrière) écrit un roman sur ses fantasmes, tout en multipliant des aventures sexuelles avec des jeunes Blanches de Westmount. Que ce soit Miz Littérature, Miz Suicide ou Miz Sophisticated Lady, elles ont toutes en commun d’être issues de la haute société canadienne et surtout, elles préfèrent les Noirs!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Armé de sa Remington 22 (sa machine à écrire), le narrateur fait claquer les mots. C’est sans ambages qu’il nous plonge dans un univers phallique, où l'oisiveté et le plaisir charnel semblent régner en maître. Toutefois, il a le mérite de ne jamais sombrer du côté de l'obscène, car sous ce sujet faussement léger de la sexualité, il examine en réalité les relations entre les Blancs et les Noirs. L’acte sexuel a pour lui toute une dimension métaphysique, car il représente une relation de domination du Noir sur la Blanche, et indirectement, une revanche sur le passé douloureux des Noirs. Aussi, à en croire l'auteur, le sexe reste le seul domaine dans lequel les Noirs sont égaux, sinon supérieurs aux Blancs.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Outre ce débat racial tout à fait étonnant, puisqu'il est axé sur la sexualité, Dany Laferrière a un incroyable sens de la formule qui donne à son écriture une résonance particulièrement forte. Le présent de l'indicatif, véritable marque de fabrique de cet auteur, anime tout son texte, comme s'il aurait écrit chaque mot sur le vif. À travers une description dynamique et vivace qu'il nous livre du Montréal des années 80, avec ses quartiers, ses rues et ses marginaux, c’est tout une époque révolue qu’on voit défiler sous nos yeux. C'est une époque sur laquelle l’auteur revient avec nostalgie quinze ans plus tard dans un livre tout aussi passionnant, &lt;i&gt;Je suis fatigué&lt;/i&gt; (2000).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Extrait:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;i&gt;Il fait EPOUVANTABLEMENT chaud. Le carré Saint-Louis est bourré d'ivrognes au torse nu. L'air est lourd et empeste la bière. On rôtit à l'intérieur, là-haut. L'enfer, je vous dis. Bon, il me fallait cette raison pour descendre. Il n'y a que Belzébuth qui puisse baiser par une température pareille. Ses cris m'emmerdent. Du feu, c'est sûr, doit sortir de sa gueule, là-haut.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Lorsque la violence se conjugue avec l'amour...</title>
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<published>2009-02-25T19:39:00+01:00</published>
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<summary>  &amp;nbsp;   &amp;nbsp;               &amp;nbsp;     Enterrez-moi sous le carrelage...</summary>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://shalinee.hautetfort.com/media/02/02/2028768540.jpg&quot; id=&quot;media-1602973&quot; alt=&quot;pavel.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1602973&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Enterrez-moi sous le carrelage&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; &lt;b&gt;(Les Allusifs, 2009) est la première création littéraire du réalisateur et scénariste russe Pavel Sanaïev. Dans une verve tragi-comique, il nous livre le récit burlesque et bouleversant d’une famille typiquement russe, mais pas si ordinaire qu’elle le paraît.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Sacha Savéliev, notre jeune narrateur de 10 ans, souhaite être enterré sous le carrelage quand il mourra. Il pourra ainsi échapper aux vers et à l’obscurité, et pourra regarder sa mère depuis une fente autant qu’il le voudra. Drôle d’idée pour un petit garçon de son âge&amp;nbsp;! Mais celui-ci est persuadé qu’il pourrira à seize ans à cause de sa santé précaire. C’est en tout cas ce que lui répète sa grand-mère parmi les autres insultes, cris et imprécations qu’elle profère inlassablement à son encontre, telle une vieille Anna Karénine déjantée.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Avec beaucoup de naïveté et de sincérité, le petit Sacha nous décrit des petites saynètes de sa vie quotidienne, où il est toujours question de la figure dominante de sa grand-mère. Celle-ci tente en vain d’effacer l’amour qu’il ressent pour sa mère (de qui il est séparé depuis des années), et elle lui impose par ailleurs des règles lourdes et absurdes qui le privent des joies ordinaires d’un enfant de son âge&amp;nbsp;: Il doit sans cesse avaler toutes sortes de médicaments, n’a pas le droit de suer, porte tout le temps des collants, etc.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Toutefois, alors même que nous commençons à compatir avec la frustration et les malheurs de notre jeune héros, voilà que l’auteur retourne la situation et nous dévoile l’autre facette de sa grand-mère qui jusque-là nous est apparue étouffante et possessive. On découvre l’histoire tragique de cette femme blessée, endurcie par les désillusions de sa vie et qui n’a qu’une raison de vivre&amp;nbsp;: son petit Sacha. Nous comprenons alors que ses cris, ses insultes et ses menaces ne sont rien d’autre qu’un grand cri d’amour pour ce petit-fils qu’elle protège tant. Même si elle est loin de représenter une grand-mère modèle, nous ne pouvons que l’admirer dans son abnégation pour son petit-fils et compatir avec sa folie maladive. Mais réussira-t-elle à gagner ainsi l’amour de Sacha, qui ne vit que dans l’espoir de revoir sa mère&amp;nbsp;? Voilà la douloureuse problématique de ce roman.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Enterrez-moi sous le carrelage&lt;/i&gt; est une belle exploration de la complexité de l’âme humaine, qui peut aimer autant qu’elle est capable de faire souffrir. Avec ce livre, Pavel Sanaïev reste fidèle à ce brin de folie qui caractérise la littérature russe, faite de récits tragi-comiques et de personnages burlesques et émouvants. À travers le personnage de cette grand-mère étouffante et vociférante, mais incroyablement dévouée pour son petit-fils, l'auteur nous montre que la violence n’est après tout qu’une des nombreuses expressions de l’amour.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Extrait&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Vous savez, Véra Pétrovna, quand j'ai fini de lui faire prendre son bain, je n'ai plus la force de vider la baignoire et je me lave dans la même eau. (…) Je sais que lorsque j'y entre après lui, cette eau est comme un ruisseau qui coule sur mon âme. Je pourrais la boire cette eau! Il n'y a personne que j'aime ou que j'ai aimé autant que lui! C'est un petit imbécile qui s'imagine que sa mère l'aime encore plus, mais comment pourrait-elle l'aimer plus, dès l'instant qu'elle n'a pas autant souffert pour lui? Une fois par mois, elle lui apporte un jouet: est-ce que c'est de l'amour, ça? Moi, je respire par lui, je ressens par ses sentiments! (page 183)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>Un hôpital pas comme les autres</title>
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<updated>2009-03-17T14:54:36+01:00</updated>
<published>2009-02-19T16:05:00+01:00</published>
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<category term="Littérature anglaise" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://shalinee.hautetfort.com/media/01/01/529381292.jpg&quot; id=&quot;media-1590237&quot; alt=&quot;hopital.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Toby Litt est un écrivain britannique né en 1968 à Bedford. Merveilleusement inventif et audacieux, il ne cesse de nous impressionner en renouvelant le style, le genre et le décor de chaque nouveau roman.&lt;/b&gt; &lt;b&gt;&lt;i&gt;Un hôpital d’enfer&lt;/i&gt; (Phébus, 2008), son dernier livre traduit en français nous offre une vision surréaliste du monde hospitalier, avec ses personnages déjantés et une intrigue diaboliquement haletante. Vous l’aurez compris : il ne s’agit pas d’un simple récit de la vie à l’hôpital.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Pourtant, tout commence plutôt bien, dans une ambiance très « Urgences ». Nous découvrons l’histoire d’amour platonique d’une infirmière, des rivalités entre collègues, et des micro histoires sur les patients qui n’ont rien de surprenant. Toutefois, au fur et à mesure que la narration progresse, les masques commencent à tomber : certains médecins se révèlent être des satanistes, les infirmières nymphomanes, les brancardiers adeptes du vaudou etc. Après une séance de messe noire, célébrée en même temps qu’un rite vaudou, des événements étranges se produisent et plongent l’hôpital dans un chaos. Un épais brouillard encercle le bâtiment, des patients guérissent miraculeusement et des morts ressuscitent. Toby Litt pousse même cette fantaisie un peu plus loin : La viande mangée plus tôt s’extirpe des côtes brisées pour se transformer en vaches, poulets, cochons (voire chiens et chats). De la même manière, les organes exposés dans les bocaux de la morgue reprennent leur forme d'origine, à l’instar de tout autre organisme capable de contenir la vie...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; De rebondissements en rebondissements, Toby Litt nous entraîne ainsi dans une langue simple, fluide qui tranche avec la richesse allégorique de son histoire. Que ce soit les noms des personnages (le sinistre médecin légiste Dexter Von Sinistre; Honey Hopeful, la sage-femme qui apporte de l’espoir, etc.) ou chaque événement du récit, tout a un double signification. Toujours dans cette même perspective d’élargir le sens du livre, l’auteur maintient un suspense interminable tout au long du roman, qui se prolonge même après la lecture. En effet, les interprétations du récit et de son dénouement sont multiples, et il appartient au lecteur de les déchiffrer.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; S’agit-il des déboires de la National Health Service ? Ou le rêve d’un des patients dans le coma (comme nous le suggère le sous-titre du livre en anglais « a dream vision ») ? Ou est-ce tout simplement notre propre cauchemar que nous visualisons en lisant ce roman ? ( je m'adresse là&amp;nbsp; à tous ceux qui ont une phobie de l’hôpital comme moi). En tout cas, après avoir lu ce livre d'enfer, vous ne revisiterez plus l’hôpital de la même manière !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; Extrait:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;i&gt;Steele se pencha pour regarder sous le brouillard fantôme – et tomba sur la chose la plus grotesque qu’il ait jamais vue de sa vie. Incapable, pour quelque raison, de se déplacer normalement, un pas après l’autre, la femme se tenait le dos arqué, à quatre pattes, comme quelqu’un qui tricherait en dansant au Limbo, en s’appuyant sur le dos. Son ventre toujours énorme pointait vers le plafond, tout secoué de coups, comme la carapace d’une tortue géante de Galapagos. Elle était nue, des veines bleues parcouraient sa peau comme la moisissure d’un fromage de Stilton, et ses longs cheveux balayaient le sol derrière elle telle une queue. Mais, plus étrange encore, la tête du bébé à demi né sortait d’entre ses cuisses – les yeux grands ouverts, regardant droit devant lui ; il évoquait un conducteur de tank...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>L'héritage du judaïsme</title>
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<updated>2009-03-17T14:55:25+01:00</updated>
<published>2009-01-12T15:29:00+01:00</published>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://shalinee.hautetfort.com/media/02/01/386184794.2.gif&quot; id=&quot;media-1590230&quot; alt=&quot;héri.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1590230&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Aharon Appelfeld est un écrivain israélien né en 1932 à Czernowitz en Bucovine. Survivant de la Shoah, il estime qu'il porte en lui un héritage, celui du judaïsme européen. Mais cet héritage est fragile, et la littérature reste l'un des meilleurs moyens de pouvoir le préserver.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans &lt;i&gt;l'héritage nu&lt;/i&gt; (L'Olivier, 2006), Aharon Appelfeld explique que les juifs d’Europe, dans leur souci d’« assimilation » dans le monde occidental, avaient rejeté leur propre culture avant la guerre. Pour Aharon Appelfeld, rejeter cet héritage équivaut à un rejet de soi, à un suicide, et pour lui la Shoah n’est rien d’autre qu’une punition de ce même rejet. En effet, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est Satan (comprenez les Nazis) qui a ramené les juifs dits « assimilés » vers leur propre culture, en les forçant à se confronter à leur propre identité, lorsqu'ils se trouvaient rassemblés dans les ghettos ou dans les camps de concentration.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aharon Appelfeld est aujourd’hui l’auteur d’une quarantaine de livres dont la plupart raconte la vie des Juifs en Europe avant et pendant la seconde guerre mondiale. Il refuse toutefois d'être catalogué comme un &quot;écrivain de la Shoah&quot;, mais se définit lui-même comme quelqu'un qui écrit sur les hommes juifs. Brillant, original, il a réussi à se distinguer dans cette littérature déjà fort riche, grâce à une écriture puissante, rigoureuse et qu'il revendique comme dépourvue de toute abstraction.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>Les Nègres: Une déconstruction des clichés</title>
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<published>2008-05-27T14:54:00+02:00</published>
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&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hiboox.fr/go/images/nature-decouverte/413kj5j75zl-sl500-aa240,rvme6jgj.jpg&quot; alt=&quot;Hébergé par Hiboox.com&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://images0.hiboox.com/images/2208/rvme6jgj.jpg&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Cette pièce de Genet (1959) a marqué un tournant audacieux dans l'Histoire du théâtre, car elle est l’une des toutes premières à mettre en scène des acteurs noirs. Et pas moins de treize! En leur donnant la parole, Genet leur permet de jouer leur propre rôle devant des spectateurs blancs, et de se moquer des clichés que ceux-ci leur ont imposés.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Les contraintes du dramaturge sont très claires au début de la pièce&amp;nbsp;: l’interprétation des rôles doit impérativement être attribuée à des Noirs, même lorsque ceux-ci sont amenés à jouer des personnages blancs. Mais les Noirs, qui sont-ils&amp;nbsp;? «&amp;nbsp; Et d’abord, c’est de quelle couleur&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» s'interroge Genet. Dans la pièce, ceux-ci portent un masque, de sorte qu’on ne verra jamais leur vraie couleur. Ils sont toutefois pétris de tous les clichés racistes et dégradants, et les préjugés les unes plus loufoques que les autres, renvoyés aux spectateurs blancs qui les voient selon l’image qu’ils se font d’eux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Une des caractéristiques des Nègres dans la pièce est qu'ils n'ont aucune identité propre, d'où les noms communs qui les désignent: «&amp;nbsp;Village&amp;nbsp;»,&amp;nbsp; «&amp;nbsp;Ville de Saint-Nazaire&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Neige&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Félicité&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Vertu&amp;nbsp;» etc. En ce qui concerne l'intrigue, nous avons dans cette pièce un exemple formidable de théâtre dans le théâtre. En effet, accusés par des dignitaires blancs de crime, les personnages décident de se mettre en scène et montent une tragédie, &quot;La mort de la Blanche&quot;, offerte pour leur jugement. Mais tout cela a de quoi confondre le lecteur, car lorsque les personnages blancs ( qui sont en réalité des acteurs Noirs masqués) sont amenés à jouer des Noirs, cela donne un Noir jouant un Blanc qui joue un Noir. Vous suivez toujours?&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Les Noirs sont ainsi amenés à jouer leur propre rôle et expriment les clichés qu'ils sont censés porter. Comme le souligne le personnage Archibald (le metteur-en-scène) dans l'extrait cité, les nègres ont l'œil jaune, ils ont une odeur à eux, et mangent des blancs...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Véritable diatribe contre la colonisation et le racisme, &lt;i&gt;Les Nègres&lt;/i&gt; garde tristement un écho de nos jours dans les préjugés qu’on se fait des Noirs et des autres minorités ethniques. 50 ans après cette pièce, nous pouvons toujours déplorer le fait que la représentation de ces minorités est toujours aussi faible, que ce soit dans le milieu artistique ou dans les médias.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Extrait:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;ARCHIBALD, grave&amp;nbsp;: Je vous ordonne d’être noir jusque dans vos veines et d’y charrier du sang noir. Que l’Afrique y circule. Que les Nègres s’y nègrent. Qu’ils s’obstinent jusqu’à la folie dans ce que l’on les condamne à être, dans leur ébène, dans leur odeur, dans l’oeil jaune, dans leurs goûts cannibales. Qu’ils ne se contentent pas de manger les Blancs, mais qu’ils se cuisent entre eux (...)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>&quot;Ne pas avoir lu ou ne pas lire sur-le-champ Septentrion est foncièrement immoral&quot; (1)</title>
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<id>tag:shalinee.hautetfort.com,2008-05-13:1615286</id>
<updated>2009-02-20T18:34:54+01:00</updated>
<published>2008-05-13T19:58:00+02:00</published>
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<summary>           &amp;nbsp;         &amp;nbsp;    Le sexe et l'écriture: Voici les deux...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.hiboox.com/lang-fr/image.php?img=z1748l9q.jpg&quot; alt=&quot;Hébergé par Hiboox.com&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://images0.hiboox.com/images/2008/z1748l9q.jpg&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Le sexe et l'écriture: Voici les deux lignes directrices de &lt;i&gt;Septentrion&lt;/i&gt; (Denoël, 1963). Taxé de pornographique et d'excessif à sa sortie, il a fallu attendre 20 ans avant que ce roman soit enfin publié. &lt;i&gt;Septentrion&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;, l'un des plus grands succès de Calaferte,&lt;/span&gt; reste la meilleure porte d'entrée à l'univers chaotique de cet auteur mal-aimé et si injustement oublié.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Au commencement était le sexe...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Cette première phrase de l’Incipit,&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;i&gt;«&amp;nbsp;Au commencement était le sexe...&amp;nbsp;»,&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;formule choc&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;, laconique, profanatrice qu'affectionne tant Calaferte ( et qui n'est pas sans nous rappeler celle de Louis-Ferdinand Céline dans&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Voyage au bout de la nuit&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;: «&amp;nbsp;Au commencement était l’émotion&amp;nbsp;»), sonne tout au long de&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Septentrion&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;comme une obsession. Obsession du sexe. Tout comme l’obsession d’écrire.&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Septentrion&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;est l’une des fresques autobiographiques de Calaferte avec&lt;/span&gt; &lt;a href=&quot;http://shalinee.hautetfort.com/archive/2008/02/21/calaferte-la-colere-en-litterature.html&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Requiem des Innocents&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;,&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Partage des Vivants&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;entre autres, qui ont pour fil conducteur le thème du sexe et de l’écriture, et comme trame narrative les années d’errance et de doutes de l’auteur avant la publication de son premier livre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Pornographique? Oui,&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Septentrion&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;a de quoi choquer lorsqu'on lit certains passages dans lesquels le narrateur nous livre sans pudeur ni retenue son univers intime&amp;nbsp;dans les moindres détails. De même, le regard qu'il porte envers la femme est tantôt misogyne, tantôt empreint de fascination, mais elle reste dans la plupart des cas un objet sexuel qui, pour reprendre son propre mot, a un &quot;con&quot; pour visage. Difficile toutefois de lui reprocher tant de brutalité et de crudité dans ses propos, (même en tant que lectrice), car l'écriture de Calaferte a le mérite d'être authentique. En effet, on retrouve dans&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Septentrion&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;le même style cruel, argotique, transgressif, bref profondément moderne que dans&lt;/span&gt; &lt;a href=&quot;http://shalinee.hautetfort.com/archive/2008/02/21/calaferte-la-colere-en-litterature.html&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Requiem des Innocents&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;. De quoi faire pâlir nos écrivains contemporains!&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Vous êtes prévenus. En goûtant au style flamboyant de Calaferte, vous&lt;/span&gt; &lt;span lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;risquez de trouver d'autres lectures beaucoup trop fades.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Extrait:&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Au commencement était le sexe...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Le monde s’ouvre comme un énorme utérus en feu. Le monde est femelle, comme l’est la Création. Et putain, impudique, comme l’est la femelle. Père. Fils. Esprit. Triangle sacré du pubis. Le sexe-roi. C’est partout la famine. Etreindre. Prendre. Jouir. Le monde est vautré, nu, offert à la fornication dans sa splendeur maligne et dans sa purulence, tous ses abcès ouverts. Sous les yeux mêmes de l’innocence qui cherche.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Les Disparus: Un nouveau prisme pour voir la Shoah</title>
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<updated>2009-02-20T18:54:49+01:00</updated>
<published>2008-05-05T16:24:00+02:00</published>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: normal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://shalinee.hautetfort.com/media/01/01/1550385686.jpg&quot; id=&quot;media-1592529&quot; alt=&quot;dispa.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-1592529&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;b&gt;Voici un livre dont on parle beaucoup en ce moment dans la presse, et pour cause: l'auteur sera présent fin Mai aux Assises Internationales du Roman à Lyon pour une table ronde ayant pour thème &quot;Le secret des origines: Faire la lumière.&quot;&amp;nbsp;Écrit en 2006 par Daniel Mendelsohn,&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Les Disparus&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;b&gt;s’intègre dans la Littérature de la Shoah déjà fort riche avec des écrivains comme &lt;a href=&quot;http://shalinee.hautetfort.com/archive/2008/03/25/la-nuit-une-ecriture-de-la-revolte.html&quot;&gt;Elie Wiesel,&lt;/a&gt; ou encore Primo Levi pour ne citer que ces deux grands noms. Daniel Mendelsohn a toutefois réussi à imposer une œuvre gigantesque et bouleversante, en renouvelant la façon d'écrire sur la Shoah et en réinventant la forme du roman.&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Loin d’adopter une perspective autobiographique qui serait celle d’une victime réelle de la Shoah ou encore d’écrire un roman historique qui mêlerait fiction et vérité factuelle comme l’a fait Georges Perec, Daniel Mendelsohn explore cette période de l’Histoire à la manière d'une enquête documentaire factuelle. Après des années de pérégrinations dans le monde entier à la recherche de six personnes de sa famille&lt;/span&gt; qui ont disparu entre 1941 et 1943, il nous livre le récit poignant de cette quête des origines, qui a pour toile de fond la tragédie de la seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Dans&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Les Disparus&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;,&lt;/span&gt; &lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;Daniel Mendelsohn&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;bouleverse la façon d'écrire sur la Shoah. Dans la même lignée d'&lt;/span&gt;&lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;i&gt;Austerlitz&lt;/i&gt;&lt;/span&gt; &lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;de Sebald, son récit n'est pas axé sur l'Histoire, mais s'articule&lt;/span&gt; autour de la famille. &lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Il utilise la focale intime de la microhistoire, qui, à l'exemple de la fresque historique est capable de refléter la Shoah dans son ensemble. A travers les témoignages des survivants qu'il recueille en Ukraine, Australie, Israel etc, c'est tout un kaléidoscope du plus grand crime de l'Histoire qu'on voit défiler sous nos yeux. Ce sont autant de témoins qui sont sauvés de l'oubli. La perspective religieuse est également un facteur innovant dans son livre car elle réfracte le sens du texte, lui donne une plus haute signification et pousse le lecteur à réfléchir constamment sur des questions plus abstraites. Autre originalité de ce livre est le renversement que fait l'auteur du schéma manichéen qui oppose le bien au mal. Il nous démontre que le mal ne vient pas de là ou on pourrait le croire, autrement dit du régime nazi, mais plutôt de la population locale qui a aidé au massacre des Juifs à Bolechow en Pologne dans les années 1940.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Les Disparus&lt;/i&gt; nous offre ainsi un nouveau prisme pour voir la Shoah, plus intime et peut-être même beaucoup plus authentique, car parmi les six millions de disparus de la seconde guerre mondiale, Daniel Mendelsohn nous montre que chacun avait un nom, un visage et une vie. Ce n'est qu'en leur restituant leur identité perdue et leur sauvant de l'oubli et des généralités qu'on peut véritablement leur rendre hommage - ce qui constitue une nouvelle façon plus pertinente de se souvenir des victimes, et qui pourrait très bien se substituer à &amp;nbsp;l'étouffant &quot;devoir de mémoire.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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