13.05.2008

"Ne pas avoir lu ou ne pas lire sur-le-champ Septentrion est foncièrement immoral" (1)

 


 

Le sexe et l'écriture: Voici les deux lignes directrices de Septentrion (Denoël, 1963). Taxé de pornographique et d'excessif à sa sortie, il a fallu attendre 20 ans avant que ce roman soit enfin publié. Septentrion, l'un des plus grands succès de Calaferte, reste la meilleure porte d'entrée à l'univers chaotique de cet auteur mal-aimé et si injustement oublié.

 

Au commencement était le sexe...

 

Cette première phrase de l’Incipit, « Au commencement était le sexe... », formule choc, laconique, profanatrice qu'affectionne tant Calaferte ( et qui n'est pas sans nous rappeler celle de Louis-Ferdinand Céline dans Voyage au bout de la nuit : « Au commencement était l’émotion »), sonne tout au long de Septentrion comme une obsession. Obsession du sexe. Tout comme l’obsession d’écrire. Septentrion est l’une des fresques autobiographiques de Calaferte avec Requiem des Innocents, Partage des Vivants entre autres, qui ont pour fil conducteur le thème du sexe et de l’écriture, et comme trame narrative les années d’errance et de doutes de l’auteur avant la publication de son premier livre.

 

Pornographique? Oui, Septentrion a de quoi choquer lorsqu'on lit certains passages dans lesquels le narrateur nous livre sans pudeur ni retenue son univers intime dans les moindres détails. De même, le regard qu'il porte envers la femme est tantôt misogyne, tantôt empreint de fascination, mais elle reste dans la plupart des cas un objet sexuel qui, pour reprendre son propre mot, a un "con" pour visage. Difficile toutefois de lui reprocher tant de brutalité et de crudité dans ses propos, (même en tant que lectrice), car l'écriture de Calaferte a le mérite d'être authentique. En effet, on retrouve dans Septentrion le même style cruel, argotique, transgressif, bref profondément moderne que dans Requiem des Innocents. De quoi faire pâlir nos écrivains contemporains!

 

Vous êtes prévenus. En goûtant au style flamboyant de Calaferte, vous risquez de trouver d'autres lectures beaucoup trop fades.

 

Extrait:

 

Au commencement était le sexe...

 

Le monde s’ouvre comme un énorme utérus en feu. Le monde est femelle, comme l’est la Création. Et putain, impudique, comme l’est la femelle. Père. Fils. Esprit. Triangle sacré du pubis. Le sexe-roi. C’est partout la famine. Etreindre. Prendre. Jouir. Le monde est vautré, nu, offert à la fornication dans sa splendeur maligne et dans sa purulence, tous ses abcès ouverts. Sous les yeux mêmes de l’innocence qui cherche.

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Commentaires

Bonjour ma petite poulette, je voulais juste te souhaiter un SUPER BON N'ANNIVERSAIRE !
Que cette journée te soit particulièrement belle et douce...
Des baisers glossés.

Ecrit par : Sonia, MISS BLOG 2008 | 19.05.2008

Merciiii Sonia, c'est vraiment adorable de ta part. Bisous :)

Ecrit par : shalinee | 19.05.2008

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