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13.05.2008
"Ne pas avoir lu ou ne pas lire sur-le-champ Septentrion est foncièrement immoral" (1)

Au commencement était le sexe...
Le monde s’ouvre comme un énorme utérus en feu. Le monde est femelle, comme l’est la Création. Et putain, impudique, comme l’est la femelle. Père. Fils. Esprit. Triangle sacré du pubis. Le sexe-roi. C’est partout la famine. Etreindre. Prendre. Jouir. Le monde est vautré, nu, offert à la fornication dans sa splendeur maligne et dans sa purulence, tous ses abcès ouverts. Sous les yeux mêmes de l’innocence qui cherche.
Cette première phrase de l’Incipit: « Au commencement était le sexe », formule choc, laconique, profanatrice qu'apprécie tant Calaferte et qui s'oppose également à celle de Louis-Ferdinand Céline dans Voyage au bout de la nuit : « Au commencement était l’émotion » résonne tout au long de Septentrion comme une obsession. Obsession du sexe. Tout comme l’obsession d’écrire, les deux axes principales du livre. Septentrion est en effet l’une des fresques autobiographiques de Calaferte avec Requiem des Innocents, Partage des Vivants entre autres, ayant pour fil conducteur le thème du sexe et de l’écriture, et comme trame narrative les années d’errance et de doutes de l’auteur avant la publication de son premier livre.
Taxé de pornographique à sa sortie en 1963, le livre fut pendant longtemps interdit à la publication jusqu’à 1984 et on peut facilement comprendre pourquoi. Beaucoup de passages dans Septentrion sont profondément obscènes, sans être réellement pornographiques car l’auteur nous livre sans pudeur ni retenue son espace intime dans les moindres détails. De même, le regard qu'il porte envers la femme est tantôt misogyne, tantôt empreint de fascination, mais elle reste dans la plupart des cas un objet sexuel qui, pour reprendre son propre mot, a un "con" pour visage. Difficile toutefois de lui reprocher tant de franchise dans ses propos, même en tant que lectrice, car l'écriture apparait plus crue, authentique, brutale. On retrouve également dans Septentrion le même style cruel, argotique, transgressif, bref profondément moderne que dans Requiem des Innocents. Un seul « risque » cependant de lire ce livre : celui de trouver d'autres lectures beaucoup trop fades après avoir goûté au style flamboyant de Calaferte.
(1) Philippe Sollers (Le Nouvel Observateur)
19:58 Publié dans Littérature du 20ème siècle | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : calaferte, livre



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Commentaires
Bonjour ma petite poulette, je voulais juste te souhaiter un SUPER BON N'ANNIVERSAIRE !
Que cette journée te soit particulièrement belle et douce...
Des baisers glossés.
Ecrit par : Sonia, MISS BLOG 2008 | 19.05.2008
Merciiii Sonia, c'est vraiment adorable de ta part. Bisous :)
Ecrit par : shalinee | 19.05.2008
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