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05.05.2008
Les Disparus: Une quête des origines.

Voici un livre dont on parle beaucoup en ce moment dans la Presse, et pour cause, l'auteur sera présent fin Mai aux Assises Internationales du Roman à Lyon pour une table ronde ayant pour thème "Le secret des origines: Faire la lumière." Le livre, écrit en 2006 par Daniel Mendelsohn s’intègre dans la Littérature de la Shoah déjà fort riche avec des écrivains comme Elie Wiesel, Joseph Joffo ou encore Primo Levi pour ne citer que ces grands noms. Toutefois, loin d’adopter une perspective autobiographique qui serait celle d’une victime réelle de la Shoah ou encore d’écrire un roman historique qui mêlerait fiction et vérité factuelle comme l’ont fait plusieurs écrivains de la Shoah, Daniel Mendelsohn explore cette période de l’Histoire de façon assez singulière et originale: Il s'agit en effet d'une enquête documentaire sur six personnes de sa famille qui ont disparu entre 1941 et 1943 : son oncle Shmiel Jager, sa femme Ester et leurs quatre filles, tous tués par des Nazis. Autre particularité de ce livre est sa construction multiple. C’est un livre qu’on ne peut pas classer dans un genre littéraire propre, puisqu'on y trouve des éléments du roman, d’un journal intime, d’un essai, d’un reportage, d’un récit de voyage ou encore d’une épopée. Quant à moi, je pencherai plutôt pour la notion de « biographie collective » car la narration se focalise essentiellement sur la vie qu’ont menée ces six disparus.
Le livre raconte la pérégrination de l’auteur en Pologne, Australie, Israel, Danemark entre autres pour comprendre les circonstances exactes de la mort de ces six personnes et d’éclairer l’existence qu’ils ont menée afin de pouvoir « sauver [ses] parents des généralités, des symboles, des abréviations, pour leur rendre leur particularité et leur caractère distinctif. » Toutefois, partir à la découverte de ces fantômes du passé s’avère beaucoup plus riche que n’aurait pu l’imaginer l’auteur car en rencontrant des survivants de l'Holocauste, ce sont d’autres boites chinoises qui s’ouvrent et qui dévoilent une multitude d’histoires sur la Shoah, des micro-histoires à même de refléter la « grande » Histoire, une dizaine d’autres « disparus » que l’auteur parvient à sauver de l’oubli.
Même si celui-ci ne penche pas volontairement du côté du pathos, il n’empêche que le récit est très émouvant et que certains passages sont très difficiles à lire. Mais il ne faut surtout pas oublier que tout est vrai dans ce que raconte l’auteur. Celui-ci défend d’ailleurs avec fermeté l’authenticité de ses écrits qu’il appuie avec des photographies, des lettres et des documents officiels, de même que l’insertion des témoignages qu’il reçoit. Ainsi, les Disparus reste un livre historique très riche, livrée sous forme romancée dans une écriture multiple et qui vient s’ajouter à ces nombreux autres piliers de la littérature de la Shoah qui nous éclairent un peu plus sur cette période bien sombre de l’Histoire.
16:24 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : livre



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Commentaires
Je suis content de lire enfin ta critique sur Mendelsohn même si - par pessimisme naturel et esprit plus que critique - je nuancerai ton propos.
Alors c'est pour quand la thèse ?
Ecrit par : Eliram | 06.05.2008
coucou, ben ça avance petit à petit. J'ai jusqu'au 23 Mai pour la soumettre, donc il me reste très peu de temps. :/
Concernant la critique, la seule chose que je n'ai pas aimé avec ce livre, c'est la longueur. Mendelsohn a un penchant pour les digressions et malheureusement elles rompent le suspense du récit.
Bref, sinon en gros je crois avoir aimé (à la deuxième lecture)
A bientôt.
Ecrit par : shalinee | 07.05.2008
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