11.04.2008
La cantatrice chauve: le théâtre absurde

Voici ma plus belle expérience avec l’anti-théâtre après Fin de Partie de Samuel Beckett, que je n’ai pas trouvé aussi hilarant que la cantatrice chauve (même si celle-ci n’a aucune visée humoristique, mais purement absurde). Et elle l’est, du premier au dernier mot. La pièce entière est construite par l’absurdité: absurdité des personnages et des rapports instables qu’ils entretiennent entre eux; absurdité du langage et des répliques insensés de la pièce; et absurdité de l’intrigue elle-même – si intrigue il y a. En tout cas, l'histoire est simple : Les Smith, famille typiquement anglaise reçoivent leurs amis les Martins chez eux, ainsi qu’un pompier qui cherche désespérément une incendie à éteindre. Tous ensemble ils ne cessent de dialoguer sans rien se dire. Ils se contredisent sans cesse, dans de longs échanges de paroles qui n’ont absolument aucun rapport logique entre elles, et encore moins du sens.
Toutefois, il ne faut pas chercher à trouver une signification propre à cette pièce à travers ce que disent les personnages, car tout le sublime et la grandeur du théâtre absurde résident dans le non-sens. Néanmoins, cette pièce est indirectement l'occasion pour Ionesco de dissèquer la société qui lui était contemporaine. A travers cette soirée entre amis, il arrive à démontrer l’absurdité des hommes et le caractère factice et ridicule de leurs habitudes sociales. Il s’en prend également à la langue anglaise, jugée lourde et étrange, avec ses enchaînements décousus et illogiques. C'est exactement ce qu’il illustre dans la dernière scène, qui est l'apothéose de l’absurdité de toute la pièce. Pour finir, voici une des nombreuses anecdotes saugrenues livrées par le pompier qui, à l’exemple même de la pièce entière et de son titre, n’a absolument aucun sens :
(Le pompier) : Un jeune veau avait mangé trop de verre pilé. En conséquence, il fut obligé d’accoucher. Il mit au monde une vache. Cependant, comme le veau était un garçon, la vache ne pouvait pas l’appeler « maman . » Elle ne pouvait pas lui dire « papa » non plus, parce que le veau était trop petit. Le veau fut alors obligé de se marier avec une personne et la mairie prit alors toutes les mesures édictées par les circonstances à la mode.
Scène 8
12:35 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : livre



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Commentaires
Tres bonne pièce effectivement. Eugene Lonesco fait parti des auteurs dont je m'inspire pour écrire.
Ecrit par : valentin | 13.05.2009
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