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18.02.2008
La ferme africaine: Un amour ailleurs.

Vous connaissez sûrement La ferme africaine, ce grand classique de la littérature danoise, ou alors son adaptation cinématographique par Sydney Pollack (Out of Africa). Écrit en 1937 par la baronne Karen Blixen-Finecke, La ferme africaine raconte sur un mode autobiographique ses dix-sept années passées au Kenya où elle découvre le monde noir, la nature africaine et une philosophie de la vie qui consiste à vivre en fusion avec soi-même et avec la nature. Près de Nairobi, elle a tenu une immense exploitation féodale pour la culture du café mais après une série d’échecs, elle finit par rentrer au Danemark, son pays d’origine et commence alors la rédaction de La ferme africaine. Ce beau texte nous offre donc la vision d’une femme qui a voyagé ailleurs et son traitement de l’altérité dans un contexte pas toujours évident, car découvrir un pays étranger, son paysage, ses traditions et ses gens nouveaux implique forcément un choc des cultures et une collision entre deux visions du monde qui s’opposent.
Out of Africa insiste largement sur la relation amoureuse qu’a eue Karen Blixen avec Denys Finch Hatton, mais le grand amour de Karen Blixen dans La ferme africaine n’est autre que l’Afrique. Dans une véritable prose poétique, elle exalte avec nostalgie le paysage sauvage qui l'entoure et elle décrit l’organisation sociale des Kenyanes, leur système de justice avec lequel elle est en conflit, et surtout la place des femmes. En effet, les Africaines sont considérées comme des biens proprement matériels car elle sont le signe ostentatoire de la richesse des hommes et donc soumises à un commerce consenti. Toutefois, ce qui est remarquable dans ce livre, c’est de pouvoir comparer le rôle de Karen Blixen elle-même avec celui des autres femmes, car elle règne en « m’saba » dans sa ferme, un peu comme une maîtresse absolue qui est donc supérieure aux hommes eux-mêmes.
En ce qui concerne sa relation avec les Noirs, en dépit de sa position de dominatrice, elle raconte comment elle a noué avec eux des relations intenses comme avec son protégé Kamante, ou Farah son allié ou encore avec le grand chef Kinanjui. Elle dira d’ailleurs : « Au fil du temps (...) mes relations avec les indigènes ont pris un tour familier et personnel. Nous étions de bons amis ». C’est donc également un livre sur la tolérance: tolérance envers les autres peuples, les autres modes de vie et autres systèmes de pensée. C’est un monde dans lequel elle était parfaitement intégrée mais contrainte de quitter sa ferme, elle sort néanmoins grandie de la richesse de ses expériences et ne se détache pas tout à fait de l'Afrique. Preuve en est, elle restitue ses souvenirs dans ce livre et évoque ce pays comme un paradis perdu avec une nostalgie qu'elle arrive si bien à communiquer au lecteur.
10:45 Publié dans Littérature danoise | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



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